ONDES DE CHOC RADIALES: TRAITEMENT DES TENDINOPATHIES PATELLAIRES

ANATOMIE FONCTIONNELLE

Introduction

Les tendinopathies patellaires intéressent essentiellement les sportifs pratiquant des sports d’impulsion (volley ball, basket-ball). C’est pourquoi les anglo-saxons parlent souvent de « jumper’s knee »  Elles  sont le plus souvent corrélées à l’hyper-sollicitation tendineuse.

Auparavant, elles  touchaient en général  les sportifs en fin de carrière (basketteur, volleyeur), mais surviennent de plus en plus fréquemment chez les sportifs à partir de 15 ans.

Les tendinopathies d’insertion haute sont les plus fréquentes (90%).

Le diagnostic  essentiellement clinique peut être confirmé par l’échographie, voire l’IRM.

Le traitement des tendinopathies patellaires corporéales ou d’insertion  est  essentiellement rééducatif  (travail excentrique, étirements, etc…) et une large part est donnée aux  ondes de choc radiales  qui permettent d’améliorer  la qualité du  processus de cicatrisation et d’aborder ainsi la phase de rééducation active et la reprise sportive  plus précocement.

Rappels anatomiques (fig. 1a ; 1b)

Le tendon patellaire est tendu du pole inférieur de la patella à la tubérosité tibiale. En tant qu’expansion directe du muscle quadriceps, il permet de transmettre sa force au segment jambier.

Les lésions caractéristiques du tendon patellaire se situent au niveau de sa partie proximale (pointe de la patella). Certains auteurs décrivent également un phénomène de conflit entre le pole inférieur de la patella et la partie postérieure du tendon patellaire durant la flexion.

Les forces supportées par le tendon patellaire sont de l’ordre de 3,2 fois le poids du corps lors des activités quotidiennes. Lors d’un saut, elles peuvent atteindre 5000N  (Backman) et la force de réaction au sol atteint 6 à 8 fois le poids du corps. Ses insertions proximales et distales sont hypo-vascularisées,  ce qui en fait des  zones de fragilité. Ses propriétés varient avec l’âge (protéoglycanes, contenu hydrique, fibres de collagène).


 Fig. 1a : anatomie du tendon patellaire

Fig. 1b : anatomie du tendon patellaire  

                                          

PHYSIOPATHOLOGIE

Anamnèse 

  • La répétition excessive de contraintes au sein du tendon va entrainer des microlésions asymptomatiques qui ne peuvent pas cicatriser si cette hyper sollicitation perdure.
  • Lorsque l’allongement tendineux reste en dessous de 4% (Fig. 2), le tendon se comporte comme un modèle élastique et revient à sa longueur de repos initiale. Entre 4% et 8% il survient des ruptures microscopiques. Au-delà de 8% d’élongation, on observe les premières lésions macroscopiques qui peuvent aller jusqu’à la rupture à partir de 14%.


 Fig. 2 : courbe contrainte – déformation

  • Ces excès de contraintes mécaniques demeurent  la cause principale des tendinopathies. Cependant de multiples facteurs intrinsèques et extrinsèques coexistent.
    • Facteurs de risque intrinsèques : âge ; poids ; alignement du membre inférieur ; force musculaire (rapport Q exc / Q conc) ; diminution de la flexion dorsale de cheville, de genou ou de hanche ; hypo-extensibilité musculaire de la chaine antérieure+++ etc…
    • Facteurs de risques extrinsèques : type de sport ; surfaces de jeux ; erreurs d’entrainement ; technique de saut ; répétition de sauts+++ ;  mauvais amortissement ;  mauvais choix de l’équipement ; facteurs environnementaux…

Examen clinique 

Les douleurs sont localisées dans la majorité des cas à l’insertion haute du tendon patellaire, parfois au niveau du corps du tendon et plus rarement au niveau de son insertion distale sur la TTA.

Elles apparaissent de façon intermittente à l’effort. A son mode de début, les douleurs présentes fréquemment en début d’activité  diminuent en général  au cours de l’entrainement.

Toutefois, la pathologie peut s’aggraver. La douleur devient de plus en plus invalidante pouvant gêner,  voire obliger le sportif à interrompre son activité (Score fonctionnel de Blazina).

La palpation du tendon s’effectue sur un genou tendu quadriceps relâché (Cook).

Le bilan fonctionnel s’effectue par la réalisation de squat unipodal sur plan incliné, recréant les symptômes (Cook).

L’évaluation et le suivi du patient se font par le score VISA-P.

les examens complémentaires tels que l’échographie et  l’IRM complèteront l’examen clinique.

Le principal diagnostic différentiel est le syndrome fémoro-patellaire(Bruckner). Ces deux pathologies peuvent néanmoins coexister.

TRAITEMENT AVEC LES ONDES DE CHOC RADIALES

  • Les ondes de choc radiales ont largement améliorées les possibilités thérapeutiques et permis  une reprise sportive plus rapide et dans de meilleures conditions.
  • Le traitement par ondes de chocs radiales  comprend en général  5 à 6 séances espacées de 6 à 7 jours.
  • Les ondes de chocs radiales sont utilisés fréquemment sur les tendinopathies patellaires avec d’excellents résultats dans plusieurs cas :
    – Tendinopathies d’insertion haute+++
    – Tendinopathie corporéales
    – Tendinopathies de la pointe de rotule suite à ligamentoplastie type Kenneth Jones (Puig)
    – Suite de peignage ou de suture du tendon calcanéen (au-delà du 4ème mois post-opératoire), etc.
    – Suite d’injection de PRP (au-delà d’une semaine post-injection)
  • Application des ondes de chocs radiales  sur une tendinopathie patellaire:
  • Assis en bord de table, genou à 90° de flexion (Fig. 3a).
  • Repérage manuel.
  • Le thérapeute tient le pistolet d’une main tandis que l’autre dirige la tête de l’applicateur au niveau de la lésion (Fig. 3b).
  • Mettre du gel en quantité suffisante
  • Tendinopathie insertion (pointe de rotule) :
    • – Fréquence 15 Hz ; pression 1,8  à 2,2 bars ;2500 à 3000 chocs : pression manuelle légère
  • Tendinopathie corporéale :
    • – Fréquence 9 – 10 Hz ; pression 2,4  à 2,6 bars ; 2000 chocs : pression manuelle appuyée

Fig.3a 

Fig.3a ; 3b : application d’ondes de chocs radiales sur le tendon patellaire

                                  

+ LOIN AVEC CHATTANOOGA

  • La fonctionnalité « rampe » de notre appareil  permet une augmentation automatique et progressive de la puissance exercée améliorant  ainsi le confort du patient.   
  • Certains appareils possédant des applicateurs spécifiques  permettent de parfaire le traitement.
    • – Les applicateurs D-ACTOR seront utilisés pour augmenter l’activation musculaire
    • – Le V-ACTOR permettra d’affiner le traitement en améliorant le relâchement musculaire                           
  • D20 ; D35 D-ACTOR : (Fig. 4)
    • – D20 ; D35 D-ACTOR
    • – Activation musculaire (couplage ODCR/infrasons) sur contracture quadriceps
    • – 15 Hz ; 2  à 3 bars ; 2500 à 3000 chocs (Fig. 5).

Fig. 4: Applicateur type D-Actor

Fig. 5 : Activation musculaire sur quadriceps

  • V –ACTOR (V 40 : (Fig.6) Massage décontracturant  par infrasons sur quadriceps (Fig. 7) 31 Hz ;  2,4 bars ; 2000 à 3000 chocs.

Fig. 6 : V-Actor   

 Fig. 7 : massage décontracturant par infrasons sur quadriceps

  

TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

  • Les ODCR  peuvent  être utilisées soit  seules et/ou en complément d’autres techniques rééducatives.
  • Le traitement actuellement proposé dans les tendinopathies patellaires est essentiellement actif. Il comprend : de la thérapie manuelle ; des ODCR ; des étirements ; du travail excentrique et un réentrainement à l’effort.
  • Avant  les ODCR
    • – Normalisations articulaires (pied, cheville, genou, hanche, bassin, rachis).
    • – Etirements  adaptés.
    • – Travail  excentrique  fonctionnel (Stanish ou Purdham) ou isocinétique (protocole Croisier)
  • Après les ODCR:
    • – Massages  décontracturants des Ischio-jambiers et des fessiers.
    • – Electrothérapie (courants de capillarisation).

La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un  médecin.

Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

Auteur: Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre

Inauguration du troisième Centre d’Excellence Chattanooga©

Nous avons eu le plaisir d’inaugurer fin mars le nouveau Centre d’Excellence Chattanooga situé au sein du cabinet du Docteur Ivan PROTHOY (Polyclinique des Alpes du Sud – Gap).

Médecin du Sport référent, intervenant au DU de Kinésithérapie du Sport et équipé Chattanooga pour le matériel à haute valeur ajoutée (Ondes de Choc Focalisées, Laser Haute Puissance, Traction motorisée 6M), Dr Prothoy prend plaisir à partager son expertise à nos côtés en animant de nombreuses formations et ateliers (F-SW/TRACTION, HPL ou encore Echographie).

Son approche à la fois basée sur une solide revue d’évidence scientifique couplée à une pratique quotidienne est unanimement appréciée par ses confrères médecins et par nos utilisateurs kinésithérapeutes. Ce Centre d’Excellence, qui a vocation a encore s’agrandir dans les prochaines années, saura mettre en avant l’expertise Chattanooga auprès des visiteurs.

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ONDES DE CHOCS FOCALES – TRAITER EN PROFONDEUR AVEC MOINS DE DOULEUR POUR LE PATIENT.

Traitement aux ondes de choc focales sur une périostite tibiale.

Dans le cabinet qu’il partage avec 3 confrères, Thierry Allaire reçoit essentiellement des patients sportifs. Il utilise les ondes de choc radiales depuis 15 ans, avec succès. Mais depuis 6 mois, il découvre avec enthousiasme les ondes de choc focales. Elles permettent de travailler plus en profondeur (on va facilement jusqu’à 7 cm), ce qui est précieux sur des pathologies aux moyens fessiers ou aux ischio-jambiers”. Par ailleurs, “la puissance délivrée demeure importante et constante. On peut donc mieux la calibrer”. Et accessoirement, “le traitement est moins douloureux et mieux supporté par le patient ! Quand on doit traiter une zone proche de l’os (pour une périostite tibiale ou une épicondylalgie), c’est appréciable”, souligne le kinésithérapeute.

Une précision accrue
Comme leur nom l’indique, les ondes de choc focales ne divergent pas comme les ondes de choc radiales.
“Sur un tendon d’Achille ou un tendon rotulien, c’est facile de viser. Sur une enthésopathie aux ischiojambiers, ça l’est moins. Nous devons être précis lors du traitement, au point que certains préfèrent coupler cette technique avec l’échographie, pour être certains d’agir au bon endroit.” Un choix qui nécessite d’avoir une solide formation en la matière et l’oeil
aiguisé.
En pratique, la main du kinésithérapeute effectue “un léger balayage ou un petit mouvement circulaire pour toucher toute la zone à traiter”. Il choisit la tête de traitement (l’Intelect FSW en a 3 différentes) selon la profondeur visée. Autre atout de cet appareil : il enregistre les données relatives à chaque patient, pour assurer un meilleur suivi.


Pour tous types d’ondes de choc, il existe des contre-indications à connaître:

  • troubles de la coagulation (“pensez à demander à vos patients âgés cardiaques s’ils sont sous anticoagulants !”)
  • grossesse
  • port d’un pacemaker ou de matériel métallique
  • tissus pulmonaires
  • ou encore les zones de fusion épiphysaire chez les enfants, etc.

L’intérêt de combiner radiales et focales
Les ondes de choc focales se sont intégrées aux pratiques quotidiennes de cette équipe de kinésithérapeutes de la même manière que les ondes de choc radiales avant elles : “Quand le patient arrive avec une ordonnance mentionnant cette technique, pour une tendinopathie calcanéenne par exemple, nous commençons par faire des séances d’ondes de choc pour diminuer ses douleurs, ce qui nous permettra, par la suite, de débuter un travail actif de kinésithérapie”, explique Thierry Allaire.
Pour autant, il n’est pas prêt à se débarrasser de son appareil à ondes de choc radiales, avec lequel il obtient “de très bons résultats depuis 15 ans”, insiste-t-il. Il combine parfois les 2 types d’ondes de choc, par exemple sur une tendinopathie d’Achille : il vise la lésion avec les focales et favorise la vascularisation du muscle avec les radiales.

Nouvelles perspectives
Outre les indications précitées, des études récentes ont montré que les ondes de choc focales apportent un réel intérêt dans l’application au niveau des points trigger ou encore dans le cadre des lésions osseuses telles que périostite, fractures de fatigue, retard de consolidation/pseudarthroses, oedème osseux [1, 2].

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Auteur: Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre

[1] Schaden W., Mittermayr R., Haffner N., Smolen D., Gerdesmeyer L., Wang, CJ. Extracorporeal shockwave therapy (ESWT)–First choice treatment of fracture non-unions? Int J Surg. 2015 Dec;24(Pt B):179-83.
[2] D’Agostino C., Romeo P., Lavanga V., Pisani S., Sansone V. Effectiveness of extracorporeal shockwave therapy in bone marrow edema syndrome of the hip. Rheumatol Int. 2014 Nov;34(11):1513-8

Inauguration du second Centre d’Excellence Chattanooga©

Profitant de son expertise depuis plus de 18 ans, nous sommes heureux d’avoir inauguré officiellement hier soir le Centre d’Excellence Chattanooga de Thierry SERENARI – Versailles.

Disposant d’un cabinet équipé 100% Chattanooga (Tables, Intelect RPW, Echographie et bien sûr Electrothérapie (WS PRO, COMPEX 3, REHAB)), Thierry est devenu intervenant Compex Médical au début des années 2000 avant de devenir formateur puis Consultant Electrothérapie ces dernières années, en lien étroit avec les deux divisions RS et Consumer.

Kiné référent de la Fédération Française d’Escalade et soucieux de transmettre aux confrères et utilisateurs finaux les bonnes pratiques en matière d’électrothérapie/électrostimulation, Thierry participe au cercle d’expertise Chattanooga qui travaille sur les axes cliniques et projets de développement. Nous profiterons du cabinet partagé avec ses confrères Delphine et Vincent pour y réaliser des présentations, ateliers, formations, échanges cliniques live from COE mais aussi attirer quelques visiteurs internationaux séduits à coup sûr par un site d’excellence situé à 100 m du célèbre Château de Versailles.

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ENTORSE DE CHEVILLE? L’INTÉRÊT DU PORT D’UNE ATTELLE DE CHEVILLE.

La cheville est une articulation dite « stable ». Sur le plan osseux, le talus est solidement encastré dans la pince bimalléolaire. Trois ensembles ligamentaires viennent renforcer cette anatomie osseuse.

  • Le ligament latéral (3 faisceaux)
  • Le ligament médial (2 faisceaux)
  • Les ligaments inter-tibio-fibulaires

L’entorse latérale de cheville se définit par la lésion du ligament latéral.

Elle représente près de 6000 cas par jour en France (congrès IRBMS 2015). Il existe une classification qui présente trois stades :

  • Stade 1 pas de déchirure ligamentaire
  • Stade 2 déchirure partielle
  • Stade 3 déchirure complète

Les signes cliniques du stade 1 sont minimes, peu ou pas d’hématome ni d’œdème. En revanche, leur présence est systématique dans les stades 2 et 3 ce qui entraîne une prise en charge différente. Immobiliser l’articulation par le port d’une orthèse stabilisatrice.

Le diagnostic doit être clairement posé (critères d’Ottawa) pour permettre de proposer le traitement adéquat qui repose sur le protocole RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation*) et d’une rééducation bien conduite.

*Repos, Glaçage, Compression, Elévation

Choisir le type d’immobilisation est aussi primordial pour optimiser les résultats et assurer précocement la rééducation fonctionnelle.

Kerkoffs (2003) a réalisé une synthèse comparant l’efficacité des différentes immobilisations possibles pour la cheville et il en ressort que les orthèses stabilisatrices favorisent une reprise plus précoce des activités fonctionnelles et professionnelles.

Boyce (2005) conclue que l’utilisation d’une attelle Aircast Classique II* comparativement à un bandage élastique améliore la physiologie articulaire à 10 jours et à 1 mois.

Günay (2014) en arrive aussi à la même conclusion en ajoutant que l’orthèse Aircast Classique II* réduit le risque de blessure intervenant ainsi dans la prévention.

Schmidt (1999) en comparant les attelles à double cellules d’air versus simple, en est arrivé à la conclusion que les premières réduisaient de façon significative le volume de l’œdème post-traumatique.

L’intérêt de porter une attelle Aircast Classique II*  dans les entorses de stade 2 et 3 sera :

  • D’accélérer la réduction de l’œdème post-traumatique grâce à la présence de 2 coussinets pré gonflés et superposés à la partie distale assurant ainsi une compression sur la zone œdématisée.
  • Le design des coques descendants sous les malléoles assurant le confort tout en bloquant le varus / valgus de l’arrière-pied.
  • De maintenir la liberté articulaire de la flexion dorsale et plantaire de l’articulation de la cheville, permettant une rééducation fonctionnelle précoce limitant ainsi les inconvénients d’une immobilisation plus stricte.

RÉFÉRENCES DES ÉTUDES AIRCAST® CLASSIQUE II™

Effects of Aircast brace and elastic bandage on physical performance of athletes after ankle injuries. Günay S, Karaduman A, Oztürk BB, Acta Orthop Traumatol Turc 2014

Management of Ankle Sprains : A Randomised Controlled Trial of the Treatment of Inversion Injuries Using an Elastic Support Bandage or an Aircast Ankle Brace, Boyce, Quigley, Campbell, British Journal of Sports Medecine, 2005

Functional treatments for acute rupturesof the lateral ankle ligament – A systematic review, Kerkhoffs, Struijs, Marti, Blankevoort, Assendelft, van Dijk, Acta Orthop Scand 2003

Conservative Therapy for Acute Lateral Ligament Lesions – Single Chamber vs. Two-Chamber Orthosis Systems Schmidt R, Mainers S, Reintges H, Lipke K, Benesch S, Gerngross H. 1999

Auteur: Thierry SERENARI, MKDE (78) Kiné fédéral – Fédération Française d’Escalade

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Inauguration du premier Centre d’Excellence Chattanooga©

COE Thierry Allaire

Nous avons le plaisir de vous annoncer l’inauguration officielle du premier Centre d’Excellence (COE) Chattanooga© de Thierry ALLAIRE au Havre (Centre de Kinésithérapie Sportive CKS).

Historiquement équipé Chattanooga© dans la globalité des modalités que la marque propose (Ondes de chocs, Tables, Electrostimulateurs, etc.), Thierry ALLAIRE anime depuis plus de 7 ans les formations Ondes de Chocs auprès des kinés acheteurs ou prospects.

Durant ces années, ce ne sont pas moins de 100 formations et plus 1500 kinés formés aux Ondes de Chocs par Thierry !

Nous sommes donc fiers d’avoir pu mettre à l’honneur ce centre d’excellence en parallèle du Congrès de la Société Française de la Médecine du Sport 2018 favorisant la présence de l’ensemble du cabinet, kinés confrères, médecins et chirurgien du sport, sportifs et clients locaux.

Nouveau site de référence Chattanooga©, le COE ALLAIRE accueillera des formations sur site, devient showroom de présentation à la disposition de la marque et de nos clients. Les membres du cabinet continueront évidemment de promouvoir l’expertise de Chattanooga© et de participer à son actualité et ses innovations.

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ECHO-REPERAGE ET ECHO-MONITORAGE DANS LE TRAITEMENT PAR ONDES DE CHOC

De par son caractère non invasif, ses dispositifs portables de qualité de plus en plus grande et sa facilité d’utilisation, l’échographie devient accessible à la kinésithérapie. Le conseil de l’ordre des kinésithérapeutes a autorisé son utilisation par les kinésithérapeutes. L’échographie permet au kinésithérapeute d’améliorer et d’affiner son bilan initial. L’ensemble du tissu ostéo-articulaire est accessible en échographie : tendons, retinaculum, muscle, ligament. Dans certaines localisations notamment, son utilisation sera fréquente.

Pour l’épaule, le but sera de connaitre l’étendue des lésions tendineuses savoir s’il y a un tendon ou plusieurs tendons touchés, quelle est l’importance de la lésion, s’il y a une bursite associée. Au niveau du coude, l’échographie permettra un bilan précis de la lésion tendineuse et de détecter un épanchement articulaire associée. Au niveau de la hanche, l’échographie peut explorer les tendons mais aussi rechercher un épanchement articulaire. L’exploration du genou permet un bilan précis tendineux, ligamentaire, la recherche d’un épanchement et de visualiser la périphérie du ménisque. Le bilan d’une entorse de cheville est également très précis en échographie avec l’analyse ligamentaire et la recherche d’un épanchement. Pour le pied, un bilan précis de la tendinopathie d’Achille sera intéressant pour adapter son traitement : tendinopathie nodulaire, fusiforme, calcification, enthésopathie, péritendinite, bursopathie, hyperémie doppler.

L’échographie grâce à sa précision modifiera la prise en charge en fonction de la lésion retrouvée. Par exemple, la découverte d’une bursite ou un épanchement intra articulaire peut faire décaler une rééducation active et privilégier au départ la physiothérapie. L’échographie permet également de s’assurer de la bonne évolution de la lésion et de sa cicatrisation au cours du traitement même si la clinique prime.

L’échographie permet également d’améliorer certaines techniques avec un guidage du traitement et également de poser l’indication de cette technique. Par exemple, l’utilisation d’ondes de choc focale nécessite un repérage précis de la lésion et de connaitre sa profondeur, ceci est possible grâce à l’utilisation de l’échographie. L’onde de choc focale est intéressante car mieux tolérée et plus puissante notamment pour le traitement des calcifications.

D’autres indications de l’échographie vont se développer en kinésithérapie comme l’utilisation du feedback visuel lors de la contraction musculaire du patient pour lever une inhibition.

L’objectif de l’utilisation de cet outil n’est pas de se substituer à l’indication médicale notamment des radiologues, dont la maitrise est supérieure du fait de leur expérience d’imageur, mais d’améliorer la prise en charge du patient par le kinésithérapeute en faisant progresser sa pratique. Il faut connaitre les limites de cette technique et de la nécessité d’un travail d’apprentissage pour la maitriser.

Auteur: Alexandre CREUZE MPR/Médecin du Sport Clinique Les Grands Chênes – Bordeaux – Enseignant en échographie musculo squelettique

ONDES DE CHOC RADIALES: TRAITEMENT DES TENDINOPATHIES CALCANEENNES CORPOREALES

ANATOMIE FONCTIONNELLE

Introduction
Le tendon calcanéen est l’un des tendons le plus fréquemment atteint chez l’homme. Les tendinopathies calcanéennes touchent très fréquemment les sportifs d’âge moyen et tout particulièrement les coureurs. Elles sont le plus souvent corrélées à l’hypersollicitation tendineuse. Dans le cas de tendinopathie corporéale, le diagnostic essentiellement clinique peut être confirmé par l’échographie, voire l’IRM.

S’il s’agit d’une tendinopathie d’insertion, une IRM s’avère souvent indispensable pour appréhender le mieux possible le diagnostic et adapter le traitement.

Le traitement des tendinopathies calcanéennes corporéales est essentiellement rééducatif (travail excentrique, étirements, etc…) et une large part est donnée aux ondes de choc radiales qui permettent d’améliorer la qualité du processus de cicatrisation et d’aborder ainsi la phase de rééducation active et la reprise sportive plus précocement.

Rappels anatomiques
Le tendon calcanéen transmet la force développée par le triceps à l’aponévrose plantaire. Il constitue la zone de fragilité du sysème Suro-Achilléo-Calcanéo-Plantaire (SACP).
Ce SACP possède une double fonction : posturale par le muscle soléaire et propulsive par l’action des jumeaux lors de la marche et la course.
Le triceps sural est formé de 2 sous unités : le soléaire et les gastrocnémiens dont les tendons et les aponévroses s’accolent, ce qui est à l’origine de l’aspect bipartite du tendon calcanéen (Fig. 1a).
Le tendon calcanéen est un tendon volumineux, puissant, vertical (Fig. 1b), dont les fibres enroulées en spirale se termine au niveau de la face postérieur du calcanéum avec une rotation de 90°. Les fibres postérieures, latérales et antérieures deviennent respectivement latérales, antérieures et médiales.
Sa résistance à la traction est de l’ordre de 4000 Newton.
Il possède une zone d’hypo-vascularisation à sa partie moyenne ce qui en fait une zone de fragilité. Ses propriétés varient avec l’âge (protéoglycanes, contenu hydrique, fibres de collagène).

Fig. 1a

Fig. 1b

 

PHYSIO-PATHOLOGIE

Anamnèse
• La répétition excessive de contraintes au sein du tendon va entrainer des microlésions asymptomatiques qui ne peuvent pas cicatriser si cette hyper sollicitation perdure.
• Lorsque l’allongement tendineux reste en dessous de 4% (Fig. 2), le tendon se comporte comme un modèle élastique et revient à sa longueur de repos initiale. Entre 4% et 8% il survient des ruptures microscopiques. Au-delà de 8% d’élongation, on observe les premières lésions macroscopiques qui peuvent aller jusqu’à la rupture à partir de 14%.

Fig. 2

  • Ces excès de contraintes mécaniques demeurent la cause principale des tendinopathies. Cependant de multiples facteurs intrinsèques et extrinsèques coexistent.
  • Facteurs de risque intrinsèques : diminution de la flexion dorsale de cheville, perturbation de la mobilité de la subtalaire, diminution de la force musculaire en flexion plantaire, augmentation de la pronation du pied, tendon anormal à l’imagerie, certaines pathologies (obésité, diabète, hypertension artérielle, hypercholestérolémie etc…).

Facteurs de risques extrinsèques : type de sport, surfaces de jeux, erreurs d’entrainement, technique sportive, mauvais choix de l’équipement, facteurs environnementaux…

Examen Clinique
• Les douleurs sont classiquement localisées à la partie moyenne du tendon. Elles apparaissent de façon intermittente à l’effort. A son mode de début, les douleurs présentes fréquemment en début d’activité diminuent en général au cours de l’entrainement.

• Toutefois, la pathologie peut s’aggraver. La douleur devient de plus en plus invalidante pouvant gêner, voire obliger le sportif à interrompre son activité (Score fonctionnel de Blazina).

• Une sensation de raideur peut être perçue à la mise en charge suite à une période de mise au repos prolongée(nuit).

• L’inspection décèle fréquemment un gonflement.

• La palpation retrouve une douleur comprise entre 2 et 6 cm de l’insertion calcanéenne tibiale.

• Une diminution de la force et de l’endurance musculaire des fléchisseurs plantaires peut être mise en évidence par le test de monté sur la pointe de pied en unipodal.

• les examens complémentaires tels que l’échographie et l’IRM mettent en évidence un épaississement tendineux avec des modifications structurelles. Une hypervascularisation est souvent mise en évidence par la présence d’une activité doppler intratendineuse.

• Les principaux diagnostics différentiels sont : l’enthésopathie calcanéenne, le syndrome de l’os trigone, la bursite rétro-calcanéenne, une pathologie inflammatoire systémique.

 

TRAITEMENT ONDES DE CHOC

• Les ondes de choc radiales ont largement amélioré les possibilités thérapeutiques et permis une reprise sportive plus rapide et dans de meilleures conditions.

• Le traitement par ODCR comprend en général 5 à 6 séances espacées de 6 à 7 jours.

• Les résultats des ODCR sur les tendinopathies corporéales sont excellents (nodulaires, fusiformes, fissuraires, suite de peignage ou de suture du tendon calcanéen (au-delà du 4ème mois post opératoire) etc…

• Application des ODCR sur une tendinopathie corporéale :
– Position : patient en décubitus ventral, pied en bout de table ; repérage manuel palpatoire (Fig. 3) ; mise en tension du tendon calcanéen maintenu par le thérapeute (Fig. 4).

• Application des ODCR (Fig. 5) : fréquence 9 – 10 Hz ; pression 2,4 à 2,8 bars ; 2000 chocs; pression manuelle appuyée. Nous effectuons 1000 chocs de part et d’autre du tendon calcanéen avec un contre appui manuel.

Fig. 3

Fig. 4

Fig. 5

 

PLUS LOIN AVEC CHATTANOOGA

  • Certains appareils possédant des applicateurs spécifiques permettent de parfaire le traitement.

 

  • Utilisation du « deep impact »
    – Cette tête dite « focalisée » (Fig. 6) permet de concentrer les ODCR et de développer une énergie plus élevée dans une fenêtre plus étroite. Ce type d’applicateur très efficace peut être utilisé notamment dans le cas de tendinopathie corporéale nodulaire (Fig. 7)

Fig. 6

Fig. 7

  • D20 ; D35 D-ACTOR : (Fig. 8)
    – Activation musculaire (Fig. 9) (couplage ODCR/infrasons) sur triceps sural.
    – 15 Hz ; 2 à 2,5 bars ; 2000 à 2500 chocs.

Fig. 8

Fig. 9

Fig. 10

Fig. 11

 

TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

KINESITHERAPIE
• Les ODCR peuvent être utilisées soit seule et/ou en complément d’autres techniques rééducatives.
• Rompe a montré la supériorité de l’association travail excentrique – ODCR dans le traitement des tendinopathies calcanéennes.

Avant les ODCR

  • Normalisations articulaires (pied, cheville, genou, hanche, bassin, rachis).
  • Etirements adaptés.
  • Travail excentrique fonctionnel (Stanish ou Alfredson) ou isocinétique (protocole Croisier)

Après

  • Massages décontracturants des Ischio-jambiers et des fessiers.
  • Electrothérapie (courants de capillarisation).

En alternance :

  • Massage transverse profond (MTP), crochetage.

 

La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un  médecin.

Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

Auteur: Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre

ONDES DE CHOC RADIALES: TRAITEMENT DES PERIOSTITES TIBIALES

périostite tibiale

ANATOMIE FONCTIONNELLE

Introduction
La périostite tibiale (skin-splint) correspond à un surmenage micro-traumatique siégeant le plus souvent à la face antéro-médiale du tibia ou à son bord médial. Elle est due à la répétition de microtraumatismes entrainant un tiraillement des aponévroses musculaires sur leurs insertions.
Cette pathologie concerne les sports ou la course à pied ainsi que les impulsions-réceptions sont nombreuses. La plus grande partie des disciplines athlétiques, la danse, certains sports collectifs comme le basket-ball, le handball et le volley-ball sont particulièrement exposés.
Le diagnostic est avant tout clinique. Les examens complémentaires élimineront les diagnostics différentiels
Le traitement, difficile, a été notablement amélioré par l’utilisation des ODCR.

Rappels anatomiques
Le périoste est une membrane qui recouvre les os longs et les os plats assurant l’insertion des tendons et des ligaments sur l’os. Il n’est cependant pas présent au niveau des articulations. Il est composé d’une couche externe fibreuse, d’une couche intermédiaire fibroélastique, et d’une couche intermédiaire ostéoblastique (non fibreuse).
Le périoste fait partie des ectoméninges avec la dure-mère et participe ainsi à la protection du système nerveux. Il est essentiel puisqu’il assure la croissance des os et le bon fonctionnement du système vasculaire. Son rôle est de protéger l’os en cas de douleur ou de fracture.

 

PHYSIO-PATHOLOGIE

Anamnèse
Cette pathologie est fréquemment rencontrée dans les sports ou la course à pied ainsi que les impulsions-réceptions sont nombreuses (course, handball, basket-ball, volley-ball etc…).

Deux types de sportifs sont le plus souvent touchés
• Le sportif « de bon niveau débutant » de moins de 18 ans qui a considérablement augmenté son entrainement sportif.
• Les sportifs plus âgés, avec un passé sportif, qui reprennent l’entrainement après une période d’interruption prolongée et parfois une surcharge pondérale et qui multiplient les séances en « fractionné ».

Examen Clinique
L’interrogatoire est essentiel. Il retrouve les circonstances favorisantes et les symptômes évocateurs.

– Circonstances favorisantes :
• Sports : course à pied ou sports d’impulsions- réceptions
• Surfaces d’entrainement dures
• Qualité d’amortissement des chaussures
• Augmentation trop brutale de la quantité d’entrainement (geste technique, travail de pied, sauts, sprints).

– Symptômes évocateurs :
• A un stade de début : douleur après l’entrainement ou lors de course lente (allure de jogging). Cette douleur peut disparaitre lors de l’échauffement et ne réapparaitre qu’au refroidissement. Les symptômes sont localisés à la face médiale de la jambe.
• A un stade plus tardif, la douleur persiste pendant toute la séance d’entrainement. Les accélérations, les décélérations, les impulsions et réceptions sont des facteurs majorants.
• Les symptômes post-entraînement peuvent entrainer une boiterie franche
• Les activités sont en général poursuivies pendant des mois avec une symptomatologie stationnaire.

La palpation retrouve une douleur située sur le bord interne du tibia étendue sur 10 à 15 cm. Elle intéresse les deux tiers inférieurs du tibia. Une douleur bilatérale est fréquente alors qu’un seul côté est symptomatique.
L’imagerie aide peu au diagnostic mais permet d’éliminer formellement des diagnostics différentiels : fracture de fatigue, syndrome des loges, lésion osseuse tumorale etc.

 

TRAITEMENT ONDES DE CHOC

Les ondes de choc radiales ont largement amélioré les possibilités thérapeutiques et permis une reprise sportive plus rapide et dans de meilleures conditions. Le traitement comprend en général 5 à 6 séances espacées de 4 à 7 jours. Les séances doivent être adaptées au seuil de tolérance du patient. En cas d’inconfort manifeste, il est nécessaire de modifier la fréquence et/ou la pression.

Patient en décubitus dorsal : recherche palpatoire (Fig. 1) de la zone douloureuse (face antéro–interne du tibia dans sa partie inférieure et pouvant remonter parfois plus haut en fonction de la sévérité de l’atteinte).

Application des ODCR : (Fig. 2) Fréquence 12 à 15 Hz ; pression 1,8 à 2,2 bars (en fonction de la douleur) ; 3000 chocs. Pression manuelle légère.
Mettre du gel en quantité suffisante. Une main tient le transducteur et l’autre guide doucement la tête de l’appareil le long de la face antéro-interne du tibia.

Fig 1

Fig 2

 

PLUS LOIN AVEC CHATTANOOGA

La fonctionnalité « rampe » de notre appareil permet une augmentation automatique et progressive de la puissance exercée améliorant ainsi le confort du patient.

Dans la plupart des cas il existe un syndrome des loges au niveau de la loge antéro-externe de jambe et parfois au niveau de la loge postérieure que nous pouvons traiter par activation musculaire et/ou infrasons + activation musculaire.

D20 ; D35 D-ACTOR (Fig. 3)
Activation musculaire (couplage ODCR/infrasons) sur les loges antéro externe (Fig. 4) et postérieure de jambe (Fig. 5). 15 Hz ; 2 à 2,5 bars ; 2000 chocs.

Fig 3

Fig 4
Fig 4

Fig 5

 

V –ACTOR (V 40)
Massage décontracturant par infrasons sur les loges antéro externe (Fig. 7) et postérieure de jambe (Fig. 8). 30 à 35 Hz ; 2 à 3 bars ; 2000 chocs sur chaque loge.

V –ACTOR (V 40)

 

Fig 7

Fig 8

TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

D’autres traitements complètent l’action des ODCR :

• Repos sportif (durée variable)
• Diminution des charges d’entrainement
• MTP au glaçon
• Techniques de décordage
• Physiothérapie antalgique (TENS ; Ultrasons…)
• Massage profond des différentes loges musculaires
• Etirements passifs des jumeaux et du soléaire
• Travail des muscles intrinsèques du pied
• Chaussage adapté,
• Consultation podologique, etc.

 

La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un  médecin.

Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

Auteur: Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre

ONDES DE CHOC RADIALES: TRAITEMENT DES ENTHESOPATHIES HAUTES DES ISCHIO-JAMBIERS

mal aux ischio-jambiers

ANATOMIE FONCTIONNELLE

Introduction
L’enthésopathie haute des ischio-jambiers se manifeste habituellement par une douleur d’apparition progressive siégeant à la jonction fesse-cuisse.
Les premières descriptions de ce type de pathologie remontent à plus de 20 ans (De Labareyre). Elles intéressaient principalement les coureurs de haies (hurdler-tigh).
Le diagnostic est essentiellement clinique et la multiplicité des tests cliniques permettra d’orienter plus précisément le diagnostic.
Si nécessaire, une IRM pourra préciser le diagnostic. Plusieurs types d’anomalies isolées ou associées peuvent être observées : anomalie de l’interface ostéo-tendineuse ; réaction œdémateuse intra osseuse ; épaississement et remaniement tendineux…
Le traitement est essentiellement rééducatif et une large part est donnée aux ondes de choc radiales qui permettent d’améliorer la qualité du processus de cicatrisation et d’aborder plus précocement la phase de rééducation active.

Rappels anatomiques
Les ischio-jambiers s’insèrent par un tendon commun sur la tubérosité ischiatique (Fig 1).
Ils se composent de deux couches :
Une couche superficielle composée du biceps crural et du semi-tendineux
Une couche profonde avec le semi-membraneux
Il existe un rapport étroit entre la partie proximale du tendon et le nerf grand sciatique.

insertion des IJ sur la tubérosité ischiatique
Fig. 1

PHYSIO-PATHOLOGIE

Anamnèse
Nous retrouvons ce type de pathologie chez les sportifs pratiquant des séances de fractionnés (coureurs de demi-fond de bon niveau), des sports de vitesse pure, ainsi que dans les sports où les ischio-jambiers sont soumis à des étirements violents et rapides (gardien de but au handball).
Dans tous les cas, c’est l’alternance des phénomènes de contractions concentriques et excentriques qui est à l’origine de ces lésions de surmenage, la recherche de vitesse augmentant systématiquement les contraintes biomécaniques. Le symptôme le plus fréquent correspond à une douleur au niveau de la jonction fesse-cuisse, d’apparition progressive, réveillée par l’entrainement ou la position assise sur un plan dur. Cette douleur de fesse irradie le plus souvent jusqu’à la partie moyenne de la cuisse. Elle correspond à une projection de douleur d’enthèse associée à une contracture musculaire secondaire des ischio-jambiers. Parfois le mode de début peut être pseudo-traumatique.

Examen Clinique
L’examen clinique comprend un certain nombre de tests non spécifiques, mais la positivité de l’ensemble d’entre eux permet d’évoquer le diagnostic. La palpation de la tubérosité ischiatique (face postéro-latérale) peut être soit très douloureuse, soit uniquement sensible.
– En décubitus ventral :
• Contraction isométrique des ischio-jambiers en course externe douloureuse
– En décubitus dorsal :
• Elévation jambe tendue : limitation douloureuse par rapport au côté controlatéral par étirement des ischio-jambiers.
• Le test isométrique hanche et genou à 90° (Fig. 2) déclenche une douleur à la partie basse de la fesse avec une irradiation plus ou moins étendue à la partie haute de la cuisse.
– En position debout :
• La flexion antérieure du tronc (Fig. 3), genoux tendu, peut réveiller la douleur fessière ou celle de la face postérieure de la cuisse par simple étirement.
• Le test du « tiré » (Fig. 4) ainsi que le test du « frotté » (Fig. 5) peuvent déclencher la douleur par travail actif contre résistance des ischio-jambiers.

Fig. 2

Fig. 3

Fig. 4

Fig. 5

TRAITEMENT ONDES DE CHOC

Les ondes de choc radiales ont largement amélioré les possibilités thérapeutiques et permis une reprise sportive plus rapide et dans de meilleures conditions. Il comprend en général 5 à 6 séances espacées de 4 à 7 jours. 2 positions sont habituellement utilisées :

Position décrite par De Labareyre : Patient en décubitus ventral, légère flexion active du genou. Repérage palpatoire (Fig. 6) de l’insertion haute des ischio-jambiers sur la tubérosité ischiatique.

Appliquer les ODCR (Fig. 7) en roulant sur le tendon des Ischio-jambiers au niveau de son insertion haute. Transducteur R15 ; fréquence : 9 Hz à 10 Hz ; pression 2,4 à 3 bars ; 2000 chocs ; pression manuelle appuyée.

Fig. 6

Fig. 7

Position décrite par Cacchio : patient en décubitus dorsal, flexion de hanche 90°, flexion de genou 90° pied reposant sur l’épaule du thérapeute. Repérage manuelle de l’insertion haute des ischio-jambiers (Fig. 8). Application des ODCR (Fig. 9) : transducteur R15 ; fréquence : 9 Hz à 10 Hz ; pression 2,4 à 3 bars ; 2000 chocs ; pression manuelle modérée.

Fig. 9

Fig. 8

+ LOIN AVEC CHATTANOOGA

Deep impact
Cette tête dite « focalisée » (Fig. 10) permet de concentrer les ODCR et de développer une énergie plus élevée dans une fenêtre plus étroite. Ce type d’applicateur très efficace peut être utilisé dans le cas présent.

Fig. 10

D20 ; D35 D-Actor :
Activation musculaire (Fig. 11) (couplage ODCR/infrasons) sur contracture réflexe des ischio-jambiers et sur les muscles fessiers. 15 Hz ; 2 à 3 bars ; 2500 à 3000 chocs.

Fig.11

V-Actor (V40):
Massage décontracturant par infrasons sur ischio-jambiers (Fig. 12) et muscles fessiers.
30 à 35 Hz ; 2,4 à 3,4 bars ; 3000 à 4000 chocs.

Fig. 12

 

TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

KINESITHERAPIE
Les ODCR peuvent être utilisées soit seules et/ou en complément d’autres techniques rééducatives.
Avant

  • Normalisations articulaires (pied, cheville, genou, hanche, bassin, rachis).
    • Etirements doux, progressifs et infra-douloureux, des ischio-jambiers
    • Renforcement musculaire excentrique sous-maximal infra-douloureux dans une course moyenne au début, puis en allant vers la course externe.
    • Renforcement musculaire isocinétique notamment en excentrique.

Après

 

  • Massages décontracturants des Ischio-jambiers et des fessiers.
    • Electrothérapie (courants de capillarisation).

En alternance

• Massage transverse profond (MTP) : souvent de réalisation difficile dans ce type de pathologie.

 

La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un  médecin.

Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

Auteur: Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre