ENTORSE DE CHEVILLE ET REPRISE DU SPORT

A ce jour en France, environ 1 sur 12000 habitants et par jour ont une entorse de la cheville. Soit 6000 cas toutes les 24 heures. Le coût pour la société se chiffre aux alentours de 2 millions d’euros par an.

Partant de ce constat, nous nous devons d’inculquer les bons reflexes. En faisant cela, nous préservons notre système sans pour autant faire l’impasse sur nos activités physiques respectives.

INTRODUCTION

Pour tout bons sportifs qui se respectent, l’entorse des ligaments collatéraux latéraux de la cheville (anciennement Ligament Latéral Externe-LLE) est l’une des pathologies qui nous plombe une saison ; une de celle que l’on veut à tout prix éviter.

Faute de mal chance ou d’une préparation physique non optimale, il est possible d’être confronté à cette dernière.

Alors, souhaitant revenir au plus vite à notre meilleur niveau, on se précipite chez notre médecin. Ceci dans l’espoir que ce dernier nous fournisse le précieux sésame….l’ordonnance pour son kinésithérapeute!

Pour une bonne rééducation, il est alors primordial que l’on comprenne toute la mécanique et la cinématique de la cheville ; ses forces et ses faiblesses, afin de mieux prévenir l’instabilité et revenir encore plus fort.

Enfin, le repos associé à une bonne immobilisation ne suffisent pas à soigner l’entorse et à rétablir tous ses paramètres.

La cheville est une articulation complexe, clé de voute de notre déambulation. Celle-ci mérite toute notre attention. Une cheville soignée est une cheville stable. Pas « non douloureuse ».

RAPPEL ANATOMIQUE

LES OS

C’est en prenant un peu de hauteur que toute la complexité du pied nous saute aux yeux.

Il est constitué d’une multitude de petits os. D’arrière en avant, nous retrouvons respectivement les os du tarse, puis ceux du métatarse et enfin les phalanges des orteils.

Les articulations de Chopart, Innominée et de Lisfranc font le lien entre ces trois catégories osseuses. Elles permettent le bon déroulé du pied. Il faut prendre en compte qu’entre chacune de ces structures, de petits ligaments viennent rigidifier le système. Donc, ceux-ci donnent une grande stabilité au pied dans l’axe « avant-arrière ».

Anatomie du pied

LES LIGAMENTS

Il n’en n’est pas de même pour l’axe latéral, où cette stabilité est grandement mise à l’épreuve.

Dans ce plan, seuls les ligaments collatéraux (interne et externe) permettent de consolider la structure. Ils sont moins nombreux, plus longs, soumis à un bras de levier plus important. Ils sont aussi garants de la stabilité de l’articulation talo crurale (entre la jambe et le pied). C’est donc logiquement que l’instabilité la plus importante va concerner l’axe latéral du pied.

Anatomie des ligaments de la cheville

La grande majorité des lésions ligamentaires de la cheville vont concernées le versant latéral du pied. C’est donc le LLE qui est le plus souvent lésé. Sur le schéma ci-dessus, vous trouverez entourés en bleu les trois faisceaux qui constituent ce LLE.

  • L’antérieur ou Talo fibulaire antérieur (TAFA)
  • Le moyen ou Calcanéo fibulaire
  • Le postérieur ou Talo fibulaire postérieur.

DEFINITION D’UNE ENTORSE DE CHEVILLE

L’entorse de cheville est une lésion ligamentaire qui découle de deux facteurs indissociables.

  1. Un mouvement d’inversion involontaire (cf. schéma ci dessous).
  2. Se trouver en chaîne fermée au moment de l’instabilité (pied au sol).

Le LLE peut alors se retrouver distendu ou rompu. Le stade de l’entorse sera alors différent.

Stade 1entorse bénignele faisceau antérieur est alors distendu (accompagné ou non du faisceau moyen)
Stade 2entorse moyennele faisceau antérieur est alors rompu (accompagné ou non du faisceau moyen)
Stade 3entorse graveidem stade 2 + arrachement osseux de la malléole externe et/ou du 5ème métatarse

A noter qu’un hématome important survient à partir du stade 2. Il est la conséquence d’une lésion de l’artère fibulaire qui se trouve très proche du LLE. Il disparaîtra complètement au bout de quelques semaines.

Inversion et éversion du pied

LES DEFICITS FONCTIONNELS

Les déficits fonctionnels résultants d’un tel traumatisme sont nombreux. Ils apparaissent dès la première entorse et deviendront chroniques si une rééducation structurée n’est pas mise en place rapidement.

Dès les premières minutes, une multitude d’étapes hiérarchisées seront nécessaires pour un retour des qualités naturelles du pied. Cela jusqu’aux semaines de soins qui en découleront.

LES MUSCLES EVERSEURS

Le premier déficit a intégré sera celui des muscles éverseurs.

En effet, si une cheville s’est retrouvée déstabilisée en inversion, nous pouvons supposer que les muscles faisant le mouvement opposé souffrent d’un déficit.

Les éverseurs (ou muscles fibulaires) seront alors à rééduquer dans un schéma qui reprend les codes de l’entorse (mouvement frénateur type excentrique), afin que cette situation d’instabilité soit connue et reconnue pour notre système de stabilisation.

« Hartsell and Spaulding (1999) established that one of the main factors responsible for ankle instability and the recurrence of sprains is the weakness of the evertor anckle muscles »

Le tableau ci-dessous nous montre qu’après une entorse du LLE, les muscles éverseurs perdent en force. Cela quelque soit le type de contraction ; concentrique (en raccourcissement) ou excentrique (frénateur).

On retrouve en gris la cheville pathologique et en blanc la cheville saine n’ayant jamais subit d’entorse.

schema inversion eversion cheville

LA PROPRIOCEPTION

Le second déficit est celui de la proprioception.

La proprioception est la capacité que chacun d’entre nous possède, pour situer ses différents segments dans l’espace.

Cette capacité est primordiale si l’on souhaite garder sa cheville stable (en position neutre). En effet, pour avoir une commande motrice efficace des muscles fibulaires lors d’un mouvement d’inversion forcé, il est nécessaire d’avoir l’information que cette dite cheville n’est plus dans sa position neutre. Sans la proprioception, il ne peut exister de commande motrice efficiente.

schema-proprioception-cheville

CONTROLE NEURO-MUSCULAIRE

Le troisième déficit concerne le contrôle neuro musculaire.

Dans ce paragraphe, vont être abordés la notion de temps de réaction des fibulaires (TRP). Puis celle de la durée d’activation des muscles fibulaires.

DEFINITION ET FONCTIONNEMENT DU TRP

Qu’est-ce que le TRP?

C’est la période comprise entre la déstabilisation en inversion et le début de l’activation électrique des fibulaires. Plus ce temps sera raccourci, plus les muscles stabilisateurs de cheville seront activés tôt. Alors le risque d’entorse sera faible.

Une étude de « Menacho et al. »(2010) suggère que « les patients en situation de récurrence traumatique ont un TRP plus long que les sujets sains ».

Le risque de récidive d’entorse sera donc plus élevé si ce paramètre n’est pas pris en compte pour la rééducation.

L’ étude de « Santilli and al. » (2005) a démontré que la durée de contraction des muscles fibulaires à la marche était diminuée du côté pathologique. Cela traduit donc à la fois la défaillance du système proprioceptif et du TRP.

Comment pourrait-on alors diminuer ce TRP?

La solution consiste à travailler la reprogrammation du contrôle neuro musculaire (RNM). En exerçant le sujet pathologique dans des schémas liés à son activité. Par exemple, en faisant sauter un basketteur. Ou encore en faisant changer de direction brutalement un handballeur. En faisant travailler une danseuse de ballet avec ses pointes.

Pour aller plus loin, multiplier les mises en situation où le sujet sera dans des conditions de travail proches à son activité. Une rééducation de cheville devra être faite à la carte si l’on souhaite des résultats optimaux.

Tout ceci dans le but de créer des automatismes et des pré-contractions des fibulaires. Celles-ci viendront protéger la cheville d’une éventuelle inversion involontaire.

Plusieurs études vont dans ce sens :

« Thonnard (1986) a mis en évidence qu‘il existait une activité musculaire de protection avant même l’impact au sol (…)

« Fabri and al. (2008) disait que la raideur active est augmentée avant toute situation à risque grâce à des programmes moteurs acquis.

Il faut que l’anticipation devienne un automatisme. Ne surtout pas rester enfermé dans un pattern où le « feed-back » guide notre ligne de conduite. C’est le « feed-forward » qui le sera !

LA REPRISE DE L’ACTIVITE PHYSIQUE

Le jour J approche. La rééducation touche à sa fin. Les capacités fonctionnelles de notre cheville sont enfin rétablies. Notre pied est sec, non (ou moins) douloureux, l’équilibre est parfait. Grâce aux exercices de proprioception effectués, la force est retrouvée, les sauts et accélérations se font sans anicroche. Nous pouvons enfin reprendre le chemin de l’entraînement.

Attention tout de même aux premières sorties qui sont souvent synonymes de récidives.

Pour cela, je vous conseillerais durant une période réduite au strict minimum (maximum 15 jours), l’utilisation d’une contention élastique ou d’une attelle de cheville élastique avec strapping de chez DJO France durant vos entrainements et matchs.

Cette contention légère vous permettra de passer au-delà de vos appréhensions. Elle vous offrira également le maintien nécessaire pour stabiliser votre cheville fraîchement rétablie. Attention tout de même à ne pas immobiliser le pied trop longtemps après votre reprise. En effet, votre proprioception pourrait en être altérée.

Pour assurer une bonne mise en place de cette chevillère strapping, regardez la vidéo:

BONNE REPRISE !

Il est conseillé de consulter un médecin ou un kinésithérapeute du sport qui vous prescrira la bonne attelle en fonction de l’activité sportive pratiquée.

La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

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Auteur: Nicolas SANTI, Kinésithérapeute du sport (31) – Fondateur Toulouse Sport Santé – Formateur kiné du sport chez SSK formation. En charge du « Seven Sud Garonne », équipe de rugby à 7 en élite A

Sources/illustrations:

Eccentric/concentric ratios at selected velocities for the invertor and evertor muscles of the chronically unstable ankle. « H D Hartsell, S J Spaulding »

The peroneus reaction time during sudden inversion test : Systematic review. « Menacho and al. »

Peroneus longus muscle activation pattern during gait cycle in athletes affected by functional ankle instability : a surface eletromyographic study. « Santilli and al. »

La pathogénie de l’entorse de la cheville. « Thonnard and al. »

corphumain.ca

dreamstime.com

hôpital privé Pays de Savoie Annemasse

u-trail.com

u-run.fr

COMPRESSION VEINEUSE PENDANT LA GROSSESSE

La période de grossesse, l’accouchement et la période post-partum sont particulières pour la future maman qui verra son corps changer et dont l’accompagnement tant physique que psychologique est nécessaire.

Au cours de la grossesse, plus d’une femme sur deux souffrent du phénomène appelé communément « jambes lourdes ». Durant cette période, un changement hormonal et une prise de poids s’opèrent.

Ces modifications entrainent souvent des problèmes circulatoires, d’où la sensation de jambes lourdes.

ZOOM SUR LES DIFFERENTS RISQUES VEINEUX

L’insuffisance veineuse est une pathologie fréquente qui n’a pas pour seule conséquence des désagréments esthétiques ou de confort, elle témoigne également d’une mauvaise circulation dans les jambes qui se traduit par une stase veineuse qu’un praticien doit diagnostiquer et traiter le plus tôt possible.

Point sur la classification de la CEAP*

Derrière cet anachronisme se cache une classification adoptée dans le monde entier pour décrire simplement les différentes formes de la maladie veineuse.

Elle recouvre :

  • Toutes les anomalies cliniques (ce que l’on voit).
  • Toutes les anomalies symptomatiques (les plaintes du patient) de la maladie veineuse chronique du membre inférieur.
Tableau classification CEAP

*Classification clinique, étiologique, anatomique et physiopathologique

Concrètement pour la femme enceinte, les principales complications sont les jambes lourdes ou varices, la phlébite superficielle (inflammation aiguë d’une varice située sous la peau). Mais dans le pire des cas, la phlébite profonde et voire l’embolie pulmonaire ! Pour éviter d’en arriver à ce stade, le port de bas de compression veineuse est fortement recommandé. Loin de l’image de « mamie » portant des bas à varices, nous allons vous expliquer comment prévenir les risques veineux de la grossesse.

LA COMPRESSION VEINEUSE, UNE ALLIEE AU QUOTIDIEN

LA COMPRESSION VEINEUSE, UN SOUFFLE DE LÉGÈRETE POUR LES PATIENTES !

Comme expliqué plus haut, la compression veineuse a pour but de comprimer le membre inférieur afin d’améliorer la circulation du sang dans les veines. Elle se présente sous forme de mi-bas (ou chaussettes), bas et collant (classique ou maternité), de tailles et de coloris variés.

Gamme Veinax Transparent noir

LES BAS DE COMPRESSION, KESAKO ?

Ce sont des dispositifs médicaux de classe I (selon la directive européenne 93/42/CEE). Ils ont pour but de soulager les troubles circulatoires tels que œdèmes, phlébites et thromboses. Ils favorisent une pression progressive sur le bas de la jambe et de la cuisse.

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sont de 4 ordres :

  • pressions à exprimer en mmHg et pas seulement en classe.
  • bas de classe 1 (10 -15 mmHg) : pas d’indication retenue sauf en cas de superposition.
  • Une stratification des indications cliniques (stades de la CEAP) en fonction des classes de pression.
  • Une pression résiduelle minimale au mollet :
    • pour les bas de 10 à 20 mmHg (classes 1 et 2), d’au moins de 75% de sa valeur à la cheville.
    • pour les bas de 20 à 36 mmHg (classe 3) et > 36 mmHg (classe 4), de 50 à 80%.
TB explicatif HAS Veinax

DES INDICATIONS CLINIQUES CLAIRES ET SIMPLES A MEMORISER

La Classe 2, c’est pour soulager et prévenir

• Symptômes de la maladie veineuse chronique débutante, varices de petit calibre.

• Prévention de la thrombose veineuse profonde, voyages et longs trajets en avion, phlébites et œdèmes.

La Classe 3, c’est pour traiter les formes évoluées

• Troubles trophiques.

• Traitement curatif de la thrombose veineuse profonde.

pa-Compression-veineuse-avec-et-sans-compression-Bichromie

La gamme de compression veineuse proposée par DJO France aux patientes, c’est la bonne pression au bon endroit, certifiée par la Haute Autorité de Santé (HAS) dans la prévention des troubles veineux.

COMMENT OBTENIR CES BAS DE CONTENTION ?

Quel que soit le modèle choisi, ces dispositifs médicaux sont délivrés sur ordonnance par un professionnel de santé.

Une majorité de professionnels de santé peuvent prescrire de la compression veineuse. Médecin généraliste, médecin du sport, chirurgien orthopédiste, phlébologue, angiologue, obstétricien, gynécologue, cardiologue, masseur-kinésithérapeute et sages-femmes, par ex.

Les infirmières ne sont autorisées aujourd’hui qu’à faire des renouvellements d’ordonnance.

médecin

COMMENT CHOISIR LE BON DISPOSITIF MEDICAL ?

COMMENT PRENDRE LES MESURES ?  

Il est important de reprendre les mesures du patient à chaque nouvelle délivrance, en position debout sans chaussures et de préférence le matin.

  • Si votre prise de mesures vient se situer entre deux tailles, DJO France préconise la taille supérieure.
  • Il vous suffit de nettoyer la bande auto-fixante de votre bas médical de compression avec de l’eau savonneuse pour lui redonner toute son adhérence.
  • Certains de nos produits peuvent être proposés en pied ouvert.

QUAND PORTER LES BAS ?

bas de contention femme enceinte

Les professionnels de santé préconisent de porter des bas de compression ou collant de maternité à partir du 3ème mois, que l’on souffre déjà ou pas du tout de problèmes veineux. L’idée est justement d’éviter d’en avoir !

En principe, on ne porte pas de bas de contention la nuit puisqu’il n’y a pas de stagnation du sang au niveau d’une veine en position allongée.

Les trajets assis imposés par un long voyage en voiture, train ou encore avion de plus de 7 heures justifient le port de bas de compression veineuse pour les femmes enceintes comme pour toute personne présentant une insuffisance veineuse.

COMMENT ENFILER VOS BAS ?

Il existe 2 manières d’enfiler vos bas : soit vous le faites manuellement, soit vous vous servez d’un enfile-bas. Ce dernier peut se trouver dans une pharmacie ou un magasin médical. Pratique lorsque votre ventre devient trop imposant pour vous pencher !

  1. Introduire la main dans le bas.
  2. Retourner le bas sur l’envers jusqu’au talon tout en maintenant la main dans ce dernier.
  3. Introduire le pied et le faire glisser avec précaution jusqu’à la pointe du bas. Placer correctement le talon pour éviter tout pli.
  4. Dérouler avec précaution le bas sur la jambe et l’ajuster de manière uniforme.
  5. Masser le produit pour répartir correctement la matière.
mise en place bas veinax

Lors de l’enfilage du bas, il faut faire attention à ne pas accrocher le produit avec vos ongles ou bague. Il faut éviter de tirer sur la partie de l’anti-glisse pour éviter toute détérioration.

ET APRES L’ACCOUCHEMENT, DOIS-JE ENCORE PORTER DES BAS ?

La HAS recommande aux futures mamans de prolonger le port des bas de compression veineuse jusqu’à 6 semaines après l’accouchement. L’été, c’est plus difficile d’en porter, mais l’effet bénéfique de la contention y trouve largement sa place. Par exemple, la sensation de jambe lourde et gonflée s’atténue. Il existe des modèles à pied ouvert qui permettent de porter des chaussures estivales.

La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

Auteur : DJO FRANCE – octobre 2020

Sources / Illustrations :

DJO France

HAS – Evaluation des dispositifs de compression médicale à usage individuel – Utilisation en pathologies vasculaires (septembre 2010)

Insee bulletin démographique 2019 publié le 14 janvier 2020. – Eurostat – Ameli.fr